Que s’est-il passé en cette journée du jeudi Saint ?

Publié le 3 avril 2010


Je suis celui qui vous a laissé un soir comme celui-ci mon corps en nourriture et comme gage de la vie éternelle. Amen.

« Seigneur, comment c’est passée cette dernière journée, les Apôtres n’ont-ils pas compris le drame qui se préparait ? »

Ah ! pauvres brebis égarées, il y avait déjà quelques temps que l’on se sentait épiés, suivis, pistés, mais jusque là nous nous étions toujours tirés sans encombre de quelques traquenards et ils s’en remettaient aveuglément à moi comme des enfants se réfugient derrière leur père. Cependant, depuis notre arrivée à Jérusalem tout était différent, il y avait beaucoup de monde, des pèlerins mais aussi beaucoup de romains. La tension était très vive, deci-delà quelques petits groupes essayaient d’ameuter la foule contre les romains et de temps en temps cette foule était vertement dispersée à coups de bâtons. De notre côté il nous avait fallu à plusieurs reprises quitter le temple rapidement pour éviter les hommes de main du Grand Prêtre.

Ce soir là, nous avons mangé cette dernière Pâque tranquillement grâce à cet ami qui nous avait prêté sa maison. Il faut savoir que pour les juifs la Pâque est un grand évènement fait de recueillement pour se souvenir de la sortie d’ Egypte mais aussi de grande joie car c’était la promesse de pouvoir vivre sur la terre de Canaan en liberté et en conciliation avec Dieu.

Le repas avait été joyeux jusqu’au moment où j’ ai annoncé que l’un d’eux me trahirait ; j’ai moi-même envoyé Judas faire ce que nous avions convenu. J’ai choisi Judas parce que de tout le groupe il était le seul capable de faire ce que je lui avait demandé, mais sur ce point je ne t’en dirais pas plus car ce qui a été dit entre lui et moi restera un secret entre nous deux. Amen.

Arrivé au mont des oliviers, , sentant l’angoisse monter en moi je leur ai demandé de veiller et prier avec moi comme nous le faisions souvent, mais le repas et la fatigue les ont plongés dans un profond sommeil.

Et c’est ainsi que je me suis retrouvé seul rongé de peur et d’angoisse face à ce qui m’attendait d’autant plus que dans ces instants le doute m’ont envahi à un point tel que la voix du Père toujours présente en moi s’était tue. Amen.

« Merci Seigneur. »

La suite, tu la connais dans les grandes lignes même si les textes qui vous sont parvenus ne sont pas complets dans le déroulement des faits mais surtout ils ne retranscrivent pas vraiment l’horreur qu’ont vécu, comme moi, ces milliers de personnes crucifiées dans les territoires contrôlés par les romains. Amen.


calle
calle
calle